Corps fantômes
Entre passé et présent, Corps fantômes tisse un thriller haletant et bouleversant, où les secrets intimes rejoignent les grandes luttes collectives. En plongeant dans l’histoire de son père, Marion découvre bien plus qu’un secret de famille: elle ravive une génération réprimée, partiellement décimée, qui s’est battue pour faire reconnaître ses droits. Une histoire d’amour et de combats. Une histoire qui ne s’était pas rendue à nous. Jusqu'à maintenant.
Spectacle sans tabou qui flirte avec la démesure, Corps fantômes fait cohabiter sur scène le cru et le sublime pour bâtir une mythologie queer 100% d’ici.
-Théâtre Duceppe
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En 1990, à Montréal, plusieurs hommes homosexuels tombent, frappés par la répression policière, le sida et les meurtres haineux. 1990, c’est aussi l’année où la communauté LGBTQ+ d’ici commence à organiser sa résistance. Pour Francis, Rachel et Mo, qui cherchent l’amour, l’ivresse et leur place dans le monde, tout avance très vite. Entre le die-in en hommage à Joe Rose et la descente au Sex Garage, le groupe d’ami·es se joint à la mobilisation, parce que le temps est compté.
En 2025, Marion hérite d’une boîte contenant les effets personnels de son père, qu’elle a à peine connu. Elle y découvre le manuscrit d’une pièce de théâtre écrite il y a plus de 30 ans. En fouillant le passé de son auteur, elle amorce un voyage de réconciliation. Avec elle, on retrace l’histoire récente, mais souvent oubliée, d’une génération marquée par la tragédie, la peur et la solidarité.
Fresque fictive façonnée à partir de faits réels, Corps fantômes nous plonge dans la réalité de la communauté gaie au tournant des années 90, alors que 17 homosexuels sont violemment assassinés à Montréal. En ancrant le récit dans un cadre historique riche en références, elle jette un pont entre notre époque et cet épisode peu documenté de notre passé. La Messe Basse a réuni un collectif de huit artistes autour du projet ambitieux de raconter l’émergence de la communauté dont iels se réclament. Pendant plus de deux ans, soutenu·es par notre programme de résidences d’écriture, ces créateur·ices ont fouillé les archives et multiplié les rencontres pour construire collectivement une trame narrative où l’on retrouve avec émotion des pionnier·es comme Michael Hendricks, Réjean Thomas, Claudine Metcalfe ou Josée Yvon, et où l’on revisite des événements marquants de cette époque charnière.
Entièrement investi·es dans le projet, plusieurs des artistes du collectif font également partie de l’imposante distribution de ce spectacle monumental. Œuvre essentielle, écho québécois à Angels in America, Corps fantômes livre un vibrant hommage à celles et ceux qui ont lutté avec courage pour la reconnaissance des droits de la communauté LGBTQ+, de même qu’aux victimes oubliées. -
Texte
Le collectif : François Édouard Bernier, Dany Boudreault, Maxime Carbonneau, Sébastien David, Christian Fortin, Célia Gouin-Arsenault, Joephillip Lafortune et Matéo PineaultScript éditeur
Dany BoudreaultMise en scène
Maxime CarbonneauInterprétation
Quincy Armorer, Paolo Askia, François Édouard Bernier,
Dany Boudreault, Sophie Cadieux, Philippe Cousineau,
Gabriel Cloutier-Tremblay, Sébastien David, Élie Dorval, Francis Ducharme, Christian Fortin, Célia Gouin-Arsenault, Joephillip Lafortune, Charlie Monty, Renaud SoublièreDramaturgie à l’étape de recherche
Mathilde BénignusAssistance à la mise à scène
Stéphanie Capistran-LalondeScénographie
Max-Otto FauteuxCostumes
Marie-Chantale VaillancourtAssistance aux costumes
Anne-Sophie GaudetÉclairages
Julie BasseMusique
Antoine BédardAccessoires
Julie MeasrochMaquillage
Justine Denoncourt-BélangerMouvement
Jean-Benoit LabrecqueDJ
Paolo AskiaAssistance aux maquillages et coiffures
Vico Houzeau de LahaieIntégration sonore
Frédéric AugerAssistance aux costumes
Anne-Sophie GaudetPerruques
Sarah TremblayDirection de production
Harold RhéaumeDirection Technique
Claudio Buono -
-Théâtre Duceppe, 2025.
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Ce projet est né pendant la pandémie de Covid-19, à un moment où le monde s’est refermé sur lui-même et où le gouvernement du Québec avait décrété que seules les familles biologiques pouvaient être ensemble. Cette mesure, en apparence neutre, m’a frappé par ce qu’elle révélait: une méconnaissance des structures sociales non normatives. Face au danger, les familles qu’on choisit ne comptaient pas. Pourtant, ce sont souvent elles qui nous sauvent.
C’est dans ce contexte d’isolement forcé que j’ai mesuré à quel point mes ami·es plus âgé·es occupaient une place essentielle dans ma vie. Ils et elles portent en eux les traces d’une époque que ma génération n’a pas connue: les années marquées par la peur, par la naissance d’une solidarité nouvelle en réaction à la violence qui fusait de toutes parts, et à la construction de ce qu’on appelle aujourd’hui la Fierté. Ces ami·es m’ont appris que la mémoire se transmet par les liens humains.
Quand on naît homosexuel·le, on grandit entouré·e d’hétérosexuel·les, bien sûr. Ce sont elles et eux qui nous élèvent, souvent avec bienveillance, mais sans pouvoir nous transmettre notre propre histoire. On ne nous enseigne pas d’où nous venons. On ne nous parle pas de celles et ceux qui ont marché avant nous; des drames, des luttes et des élans de joie qui ont rendu nos vies possibles. C’est grâce à mes ami·es plus âgé·es que j’ai pris conscience de ce patrimoine invisible qu’il me fallait transmettre à mon tour pour le protéger.
Corps fantômes est né de ce désir: collectiviser ces rituels de transmission et créer un espace où les générations se rencontrent, se questionnent et se répondent. De là est née une démarche de recherche, d’écriture et d’enquête qui nous a mené·es à rencontrer des militant·es, des chercheur·euses, des témoins.
Corps fantômes est une fiction documentée. C’est une œuvre où le travail d’invention et le travail de mémoire se confondent, où l’imaginaire sert à réparer les trous de l’histoire et à y déposer les fragments de récits et de faits, de personnes réelles, d’anonymes qui ont bâti notre liberté collective et à qui nous rendons hommage. Cette histoire que nous racontons n’est pas seulement celle de notre communauté, mais appartient à l’histoire du Québec.
Huit co-auteur·ices ont pris part à l’écriture. Ensemble, nous avons exploré les années 1990 à Montréal, une décennie marquée par une vague de meurtres visant des hommes homosexuels, par la persistance de la violence policière et par l’épidémie du sida. C’est aussi une période de résistance et de réinvention: des membres du milieu communautaire ont alors mené une bataille acharnée pour que la Commission des droits de la personne tienne des audiences publiques sur les violences systémiques envers notre communauté.
Pendant que le Québec avançait vers un second référendum et se racontait dans une quête identitaire nationale, d’autres batailles se jouaient dans les marges, des batailles pour la dignité, pour le droit d’exister, pour la simple possibilité de vivre sans peur. Ces luttes souterraines ont façonné le climat d’apparente sécurité dans lequel ma génération a grandi.
Je cherche, dans le théâtre, à être transformé par le processus et à amener avec moi celles et ceux qui m’entourent. Ce soir, celles et ceux qui se présentent devant vous ont traversé cette histoire récente, se sont laissé traverser par elle et se tiennent ici transformé·es. Ensemble, ils et elles forment une famille choisie, une communauté éphémère mais bien réelle, tissée par le travail, l’écoute, l’entraide et la solidarité.
À travers cette fiction documentée, nous refusons l’oubli. Parce que la mémoire queer n’existe pas naturellement. Elle doit être reconstruite, écrite, répétée, incarnée. Corps fantômes tente de transformer la gratitude et l’admiration que je ressens pour mes ami·es plus âgé·es en un geste collectif qui regarde le passé pour mieux parler au présent.
Ce soir, je vous invite à entrer dans cette traversée. À rencontrer ces fantômes bienveillants qui veillent sur nous. À reconnaître, dans leurs voix, quelque chose de vos propres filiations. Et, peut-être, à sentir, comme nous, qu’on ne se construit jamais seul·e, qu’on se construit à travers celles et ceux qui, avant nous, ont tenu la main de l’autre dans la nuit.
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«Plusieurs ont eu l’impression d’avoir assisté à un moment important de la dramaturgie québécoise. Je suis du nombre.»
-Stéphanie Morin, La Presse«Il s’agit d’une œuvre importante d’un point de vue artistique aussi bien que politique.»
-Christian Saint-Pierre, Le Devoir«La critique est unanime : il s’agit d’une œuvre puissante et nécessaire, qui donne une voix à celles et ceux que l’histoire a laissés dans l’ombre. Un théâtre citoyen, engagé et profondément humain à ne pas manquer.»
-Josée Laberge, BP Arts Média«La mise en scène de Maxime Carbonneau est magistrale et d’une efficacité remarquable. »
-Ziève Gauthier, Sors-tu.ca«Au final, la justesse du texte, l’interprétation maîtrisée et l’utilisation judicieuse de la mise en scène nous permettent de mieux comprendre ces corps fantômes, qui prennent autant de formes qu’il y a de diversité dans cette communauté.»
-Ziève Gauthier, Sors-tu.ca«Sous la direction magistrale de Maxime Carbonneau, les 15 interprètes donnent vie à une fresque théâtrale monumentale qui plonge sans détour dans une époque charnière et essentielle de l’histoire de la communauté LGBTQ+.»
-Jacqueline van de Geer, les ArtsZé